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1859

PORTRAIT

Louis BOUILHET

Je ne sais pas ton nom, comtesse ou bien marquise, Dont le portrait charmant rit dans ce cadre d'or ; Mais nulle, en sa beauté, n'eut plus de grâce exquise, Au temps qu'on était jeune et qu'on aimait encor.

Tes cheveux à frimas, où le zéphyr se joue, Effleurent mollement ton visage vermeil, Car le pastel du maître a semé sur ta joue L'incarnat velouté d'une pèche au soleil.

Mille amours sont nichés sous tes narines rose, Mille autres sont blottis dans tes yeux irisés, Tandis que Cupidon, sur tes lèvres mi-closes, Appelle au pâturage un troupeau de baisers.

Et le ruban bleu-ciel, dont ta robe est fermée, Semble, au long du corsage, étaler à plaisir^ De ta taille divine à ta gorge embaumée, Une échelle d'azur où monte le désir !…

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