Du sage qui médite et pèse, en soupirant, Les choses de la vie, L'huile onctueuse, au bord du vase transparent, Éclaire l'insomnie !
Couronné de verveine, et tout léger d'espoir, Entre ses mains joyeuses, L'hyménée, en chantant, secoue au vent du soir Les torches résineuses !
Berçant sur les festin son gracieux essor, La lampe parfumée Semble voguer dans l'air, comme un navire d'or A la poupe enflammée !
La taverne, accroupie au pied du Quirinal, Rayonne sur la rue, Et fait voir au passant, sous son rouge fanal, La courtisane nue !
Le feu de l'atrium, en ses bonds indécis, Tremble, sous le portique, Et jette un gai reflet aux pénates assis Près du foyer antique !
Le hardi nautonnier qui, sur les flots amers, Creuse un sillon d'écume, A le phare éclatant, dont la brise des mers Tord l'aigrette qui fume !
Les dieux ont les soleils qui gravitent, sans bruit, Loin du monde où nous sommes ; Mais le puissant César, pour éclairer sa nuit, Fait allumer des hommes !
Il ordonne : et, soudain, comme d'un linceul noir, Couverte de résine, La victime enflammée illumine, le soir, Les jardins de Sabine !
On entend dans les airs, parmi les chants joyeux, Monter les cris sans nombre De ces flambeaux vivants qui luttent sous les feux Et qui hurlent dans l'ombre !
Sabine, cependant, guide un rapide char, Par la longue. avenue, Ou laisse errer ses doigts sur le luth de César, Rêveuse et demi-nue !
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