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1869

LE NID ET LE CADRAN

Louis BOUILHET

Près du cadran sonore où l'heure se balance, L'hirondelle a bâti son fragile berceau ; Entendez-vous deux bruits monter dans le silence ? La voix du temps se mêle aux chansons de l'oiseau ;

Sombre avertissement de l'heure qui s'envole, Hymne charmant du nid qui palpite d'amour, Duo mystérieux à la haute parole, Que Dieu fait retentir sur le front de la tour.

Comment donc osas-tu, voyageuse hirondelle, Aux mains de l'oiseleur suspendre ton destin ? Quand l'hôte au front morose habite la tourelle, Comment conter ta joie aux brises du matin ?

Chante, chante au soleil ta ballade amoureuse ! Les jours n'ont pas pour toi de tristes lendemains. C'est à nous de pâlir quand l'heure à la voix creuse Mesure à coups pressés l'orchestre des humains.

Chante, nid de l'oiseau ! J'aime à voir sous la nue Rire à côté du temps ta calme volupté Et flotter dans les cieux mollement suspendue Ta minute joyeuse à son éternité.

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