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1859

L'ÎLOT

Louis BOUILHET

Au dos d'un océan sans bornes, Battu des vents, rongé des flots, Le plus funèbre des îlots Hérisse ses falaises mornes.

Ni pins touffus, ni bouquets d'ornes, Sur ses récifs pleins de sanglots ; De loin, les jeunes matelots, Pour se moquer, lui font des cornes ;

Tandis qu'un tonnerre assidu Marque au flanc ce rocher perdu, Comme un voleur qu'on stigmatise !… Gens qui voguez à l'horizon,

Ce pauvre îlot, c'est la Raison ! Cet océan, c'est la Bêtise !…

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