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1859

L'HALLALI

Louis BOUILHET

Toutes les passions, comme une meute infâme, Ensemble, sur mon cœur, ont bondi par milliers : Molosses haletants, dogues à l'œil de flamme, Tout hurle et tout aboie à travers les halliers ;

J'ai franchi les ravins, et, comme un cerf qui brame, J'ai rougi de mon sang la ronce des sentiers. L'hallali furieux sonne au fond de mon âme ! J'entends le bruit des cors et le pas des coursiers !

Déjà les chiens maigris font cercle à la curée ] Tous, les jarrets tremblants et la langue tirée, De ma chair qui palpite attendent un lambeau… Il est temps ! il est temps ! — Toi qui suivis la chasse,

Viens ! de ta blanche main je veux le coup de grâce ! O femme au doux sourire, apprête ton couteau !

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