C'est le vent qui m'a fait pleurer,
C'est le vent aigu de la plaine,
Qu'on entend geindre et soupirer
Là-bas, comme une chatte pleine…
C'est le vent qui m'a fait pleurer.
Je sentais sa brutale haleine,
Et le vent devenait moqueur ;
J'étais dans un manteau de laine
Tout en lambeaux, comme mon cœur !
C'est le vent aigu de la plaine,
C'est lui seul qui m'a fait pleurer ;
Qui de ma paupière flétrie
Tant de larmes a su tirer !
C'est le vent qui rage et qui crie,
C'est le vent qui m'a fait pleurer.