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1876

XXXII

Maurice BOUCHOR

M'aimes-tu ? le caprice ou le besoin d'aimer Ne parlaient-ils point par ta bouche Lorsque, la joue en feu, cheveux tombants, farouche, En mes bras tu te vins pâmer ?

Ton incompréhensible et mystique sourire Me trouble jusqu'au fond de moi, Et malgré tout mon cœur, malgré toute ma foi, Je ne sais pas ce qu'il veut dire.

Le souffle de parfum, de musique et d'amour Qui vers moi, chère, t'a portée, Laissant seule veiller mon âme dévastée, Doit-il tout me reprendre un jour ?

Ah ! par les mots tombés de ta lèvre suave, Et par tant de serments bénis, Par cette douce nuit de plaisirs infinis Qui m'a fait ton bien, ton esclave !

Par les vœux échangés à l'oreille devant La silencieuse nature, Par les sauvages fleurs dont tu fis ta parure, Par le ciel où chantait le vent !

Carde jusqu'à la mort la parole donnée, Car, la première nuit, le ciel Plein d'étoiles, chargé d'ivresse et solennel Fut témoin de notre hyménée.

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