Bonsoir ! Et pourquoi donc me regarder ainsi ?. C'est bien toi, n'est-ce pas, qui m'aimes'et que j'aime. L'heure du rendez-vous a sonné ; c'est ici Que l'on s'est tant aimé, lors de la nuit suprême.
N'entends-tu pas chanter le rossignol des bois ? N'entends-tu pas gémir les flots pleins de tristesse ? Et dans le vent des cieux, dans le vent d'autrefois, N'entends-tu pas chanter nos baisers de jeunesse ?
Peut-être est-ce un fantôme ironique et moqueur Qui tout à coup a pris la forme de l'aimée, Et qui vient voir s'il reste une corde à mon cœur Pour la faire vibrer dans la nuit parfumée ?
Si je ne te dis rien, est-ce ma faute, à moi ? Quand je te parle, enfant, tu demeures muette ; Et me sentant glacer par un mortel effroi, Hélas ! je ne suis plus amoureux ni poëte.
Ah ! si ce n'est pas toi que j'ai devant les yeux, Pourquoi ce battement de cœur ? Quelle folie, Quand l'heure de l'amour est remontée aux cieux, De tendre à ses baisers une lèvre pâlie !
Vous ne reviendrez plus, beaux songes, visions Qui nous illuminaient les sombres nuits farouches ; O paroles d'amour qu'au vent nous dispersions, Vous ne reviendrez plus murmurer sur nos bouches
Pourtant, rien n'est changé : douce et pâle toujours, La lune a conservé sa féerie et ses charmes, Et j'ai là devant moi l'Ombre de mes amours Qui me glace le cœur et qui sèche mes larmes.
Cookies on Poetry Cove