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1876

XXIV

Maurice BOUCHOR

Que le vaisseau léger, que la lune propice, Que la mer immobile et que les vents soumis Soient bénis à jamais ! Les dieux me sont amis, — Et veulent que l'amour d'autrefois refleurisse.

Pourquoi pleurer ? le temps, l'absence ou le caprice N'a pu diminuer des amours infinis. Pourquoi donc pleures-tu ? Nous voici réunis ; Se peut-il que la joie en nos âmes tarisse ?

… Nous nous sommes assis sur la plage, et pensifs Nous avons regardé la côte et les récifs ; Vers quels cieux ma pensée était-elle ravie ? Et pourquoi rêvions-nous et ne disions-nous rien ?

Ah ! quelque chose est mort de notre douce vie, Mignonne, et c'est mon cœur, si ce n'est pas le tien.

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