Que le vaisseau léger, que la lune propice,
Que la mer immobile et que les vents soumis
Soient bénis à jamais ! Les dieux me sont amis,
— Et veulent que l'amour d'autrefois refleurisse.
Pourquoi pleurer ? le temps, l'absence ou le caprice
N'a pu diminuer des amours infinis.
Pourquoi donc pleures-tu ? Nous voici réunis ;
Se peut-il que la joie en nos âmes tarisse ?
… Nous nous sommes assis sur la plage, et pensifs
Nous avons regardé la côte et les récifs ;
Vers quels cieux ma pensée était-elle ravie ?
Et pourquoi rêvions-nous et ne disions-nous rien ?
Ah ! quelque chose est mort de notre douce vie,
Mignonne, et c'est mon cœur, si ce n'est pas le tien.