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1876

XXI

Maurice BOUCHOR

Nos sentiers aimés s'en vont refleurir Et mon cœur brisé ne peut pas renaître. Aussi chaque soir me voit accourir Et longuement pleurer sous ta fenêtre.

Ta fenêtre vide où ne brillent plus Ta tête charmante et ton doux sourire ; Et comme je pense à nos jours perdus, Je me lamente, et je ne sais que dire.

Et toujours les fleurs, et toujours le ciel, Et l'âme des bois dans leur ombre épaisse — Murmurant en chœur un chant éternel — Qui se répand dans l'air chargé d'ivresse !

Et la mer qui roule au soleil levant, Emportant bien loin toutes mes pensées… Qu'elles aillent donc sur l'aile du vent Jusques à toi, ces colombes blessées !

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