Skip to content
1876

XX

Maurice BOUCHOR

J'ai revu le jardin où nous avions aimé ; Où dans la prime fleur de notre mois de mai Nous devisions d'amour sous la grande nuit sombre. Le souvenir des temps passés est comme une ombre

Qui nous prend par la main, nous montre en gémissant Des lambeaux de nos cœurs et des gouttes de sang Dans les déchirements de l'adieu répandues, Et nous rend un instant les heures d'or perdues.

Je t'ai revue, ô forme adorable d'un jour, Avec tes clairs yeux bleus qui souriaient d'amour, Avec tes grands cheveux, profonde mer du rêve Où semblait rayonner le soleil qui se lève !

Et j'étais à genoux, les yeux remplis de toi ; Et pensant que jadis un cher, un même toit

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
XX · Maurice BOUCHOR · Poetry Cove