J'ai revu le jardin où nous avions aimé ;
Où dans la prime fleur de notre mois de mai
Nous devisions d'amour sous la grande nuit sombre.
Le souvenir des temps passés est comme une ombre
Qui nous prend par la main, nous montre en gémissant
Des lambeaux de nos cœurs et des gouttes de sang
Dans les déchirements de l'adieu répandues,
Et nous rend un instant les heures d'or perdues.
Je t'ai revue, ô forme adorable d'un jour,
Avec tes clairs yeux bleus qui souriaient d'amour,
Avec tes grands cheveux, profonde mer du rêve
Où semblait rayonner le soleil qui se lève !
Et j'étais à genoux, les yeux remplis de toi ;
Et pensant que jadis un cher, un même toit