Skip to content
1876

XVIII

Maurice BOUCHOR

Tu m'as tendu les bras, ô puissante déesse, Nature qui semas, dans ton luxe inouï, Les astres par milliers dans le ciel ébloui, Comme les tourbillons d'une poussière épaisse.

Tu me disais : « Ton cœur a saigné de tendresse Pour un rêve léger qui s'est évanoui ; Veux-tu m'aimer d'amour ?» — Et vaincu, j'ai dit oui, Croyant boire à ton sein l'éternelle jeunesse.

J'ai façonné mon cœur à de telles amours Qu'en me voyant passer silencieux toujours Les autres me craignaient et m'appelaient un sage. Je ne sais pas si, comme une femme, tu mens ;

Mais tes soupirs de feu m'ont brûlé le visage Et tu m'as étouffé dans tes embrassements.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
XVIII · Maurice BOUCHOR · Poetry Cove