Tu m'as tendu les bras, ô puissante déesse,
Nature qui semas, dans ton luxe inouï,
Les astres par milliers dans le ciel ébloui,
Comme les tourbillons d'une poussière épaisse.
Tu me disais : « Ton cœur a saigné de tendresse
Pour un rêve léger qui s'est évanoui ;
Veux-tu m'aimer d'amour ?» — Et vaincu, j'ai dit oui,
Croyant boire à ton sein l'éternelle jeunesse.
J'ai façonné mon cœur à de telles amours
Qu'en me voyant passer silencieux toujours
Les autres me craignaient et m'appelaient un sage.
Je ne sais pas si, comme une femme, tu mens ;
Mais tes soupirs de feu m'ont brûlé le visage
Et tu m'as étouffé dans tes embrassements.