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1876

XLVII

Maurice BOUCHOR

Quel son lamentable et sauvage Va sonner l'heure de l'adieu ! La mer roule sur le rivage, Moqueuse, et se souciant peu

Que ce soit l'heure de l'adieu. Des oiseaux passent, l'aile ouverte, Sur l'abîme presque joyeux ; Le soleil dore la mer verte, —

Et je saigne silencieux En regardant briller les cieux. Je me sens déjà seul et vide, Comme un esquif abandonné

Flottant sur un fleuve livide, Qui traverserait, entraîné, Plus d'un grand pays étonné. Je vois que le moment s'approche ;

Et j'admire que le destin, Insensible comme la roche, Au ciel, gris et bleu, de satin Fasse fleurir un tel matin.

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XLVII · Maurice BOUCHOR · Poetry Cove