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1876

XLV

Maurice BOUCHOR

Le stupide hasard qui gouverne le monde Va Remporter bien loin d'ici, Et la mer te cachant au repli de son onde Me sera sourde et sans merci.

Quand tu seras partie, ô chère bien-aimée, Le ciel me verra chaque nuit En vain tendre les bras vers la maison fermée, Pleine de silence et d'ennui.

Les jours passés vivront en ma triste mémoire ! Dans l'ineffable horreur des bois, Pour me chauffer le cœur je n'aurai que la gloire De tous nos soleils d'autrefois.

Et que j'aurai d'ennui lorsque les violettes, En la printanière saison, Voluptueusement reposeront leurs têtes Sur le satin vert du gazon !

Que tout me sera triste, et, dans la joie intense Des oiseaux, du ciel et des fleurs, Comme je trouverai funèbre cette danse D'odeurs de sons et de couleurs !

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