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1876

XLIII

Maurice BOUCHOR

A présent, sur la route où je marche éperdu, Il n'est pas un seul être et pas un cœur au monde De qui mon triste appel, en cette nuit profonde, Puisse jamais être entendu.

Et le cœur qui battait près de mon cœur fidèle Reste silencieux et glacé par l'oubli ; Laissant dans le passé l'amour enseveli, Mon souvenir aux cieux remonte à tire-d'aile.

A présent, sous un ciel sinistre et ténébreux Je chemine en pensant que j'y voyais naguère Passer éblouissants des anges de lumière Qui souriaient aux amoureux.

J'ai devant moi la vie et n'ai point d'espérance, Ma jeunesse a séché comme l'herbe des champs ; Et, poursuivi par la douceur des anciens chants, Je voudrais me coucher dans l'éternel silence.

J'ai devant moi la vie et n'ai point d'espérance, Ma jeunesse a séché comme l'herbe des champs ; Et, poursuivi par la douceur des anciens chants, Je voudrais me coucher dans l'éternel silence.

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