A présent, sur la route où je marche éperdu,
Il n'est pas un seul être et pas un cœur au monde
De qui mon triste appel, en cette nuit profonde,
Puisse jamais être entendu.
Et le cœur qui battait près de mon cœur fidèle
Reste silencieux et glacé par l'oubli ;
Laissant dans le passé l'amour enseveli,
Mon souvenir aux cieux remonte à tire-d'aile.
A présent, sous un ciel sinistre et ténébreux
Je chemine en pensant que j'y voyais naguère
Passer éblouissants des anges de lumière
Qui souriaient aux amoureux.
J'ai devant moi la vie et n'ai point d'espérance,
Ma jeunesse a séché comme l'herbe des champs ;
Et, poursuivi par la douceur des anciens chants,
Je voudrais me coucher dans l'éternel silence.
J'ai devant moi la vie et n'ai point d'espérance,
Ma jeunesse a séché comme l'herbe des champs ;
Et, poursuivi par la douceur des anciens chants,
Je voudrais me coucher dans l'éternel silence.