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1876

XLII

Maurice BOUCHOR

Une nuit orageuse et toute sombre. A peine Un éclair entr'ouvrait l'abîme du ciel noir Et me montrait la mer épouvantable à voir, Qui semblait écumer de colère et de haine.

Sur ta face roulaient tes grands cheveux d'ébène, O ciel ! voilant tes yeux, les étoiles du soir. Et sur la plage, seul, veillait mon désespoir, Et j'écoutais le vent comme une voix humaine.

L'amour agonisait dans mon cœur désolé, Mon avenir s'était, comme la nuit, voilé ; Et je pleurai longtemps. — J'allais, fou, sans idée, Laissant mes pleurs couler et se sécher au vent ;

Car je versais alors mes derniers pleurs d'enfant, Et j'en voulus avoir toute l'âme inondée.

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XLII · Maurice BOUCHOR · Poetry Cove