L'année est morte, ding dong !
Ding, deng, dong, l'année est morte ;
Janvier attend à la porte
Qu'on lui tire le cordon.
L'année est morte, bien morte !
On va l'enterrer bientôt ;
Par la Vierge, il ne m'en chaut,
Par le diable, peu m'importe.
Que l'on mette aussi mon cœur
Dans la fosse de l'année
Où mon âme s'est damnée
Pour un sourire moqueur.
Que dans cette fosse on plonge
Tous les regrets superflus,
Et qu'on ne me parle plus
Du passé qui n'est qu'un songe.
Lugubres cloches de fer,
Roulez à pleine volée
Sur mon âme désolée
Vos lourds carillons d'enfer.
L'année est morte, bien morte !
Et, désespéré, j'attends
Qu'il naisse un nouveau printemps,
Ou que le diable m'emporte.