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1876

XIV

Maurice BOUCHOR

Sans but, j'ai devant moi cheminé nuit et jour Bien des nuits, j'ai songé devant le ciel paisible Sans qu'il tombât jamais du dôme inaccessible Une larme d'étoile en mon cœur plein d'amour.

Oh ! que les temps passés sont loin ! que je les aime ! Et comme je voudrais me jeter à genoux Devant la vision aux yeux chastes et doux Qui refoulait en moi le doute et le blasphème !

Qu'il ferait bon se voir et se presser les mains, Et pleurer en songeant aux lointaines années, Et parfumer nos cœurs de tant de fleurs fanées Dont notre insouciance a jonché les chemins !

Le vent a balayé toutes ces chères traces. Et moi, dans la forêt des désespoirs perdu, Comme pour mesurer mon cercueil étendu, J'entends hurler le vent lamentable qui passe.

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