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1876

XII

Maurice BOUCHOR

Me rappelant, l'âme charmée, Ton léger sourire ou ta voix, Pour croire encore, ô bien aimée, Que je t'entends, que je te vois,

Mon cœur, pareil aux hirondelles Qui s'envolent vers le grand jour, Se sentira pousser les ailes ! De la jeunesse et de l'amour.

O mon printemps, ô ma lumière, J'irai vers toi tout en chantant La bonne chanson coutumière Des chemins où je vais trottant :

Car j'ai dit les fleurs et les herbes Reluisant au couchant vermeil, Et j'ai, par odorantes gerbes, Cueilli des vers pleins de soleil !

Comme les rimes d'or ailées Voltigeaient sous mon pauvre toit, Je les ai toutes épinglées Et je les conserve pour toi ;

Et j'aurai plus d'un rhythme rare A t'offrir, ou tendre ou moqueur, Lorsque le vent qui nous sépare Te ramènera vers mon cœur.

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XII · Maurice BOUCHOR · Poetry Cove