Me rappelant, l'âme charmée,
Ton léger sourire ou ta voix,
Pour croire encore, ô bien aimée,
Que je t'entends, que je te vois,
Mon cœur, pareil aux hirondelles
Qui s'envolent vers le grand jour,
Se sentira pousser les ailes !
De la jeunesse et de l'amour.
O mon printemps, ô ma lumière,
J'irai vers toi tout en chantant
La bonne chanson coutumière
Des chemins où je vais trottant :
Car j'ai dit les fleurs et les herbes
Reluisant au couchant vermeil,
Et j'ai, par odorantes gerbes,
Cueilli des vers pleins de soleil !
Comme les rimes d'or ailées
Voltigeaient sous mon pauvre toit,
Je les ai toutes épinglées
Et je les conserve pour toi ;
Et j'aurai plus d'un rhythme rare
A t'offrir, ou tendre ou moqueur,
Lorsque le vent qui nous sépare
Te ramènera vers mon cœur.