O bon soleil, par qui tout se métamorphose,
Pourpre qui vêts le sol et frissonnes sur lui,
Dans les jardins du ciel tu t'es épanoui
Comme un large bouton de rose.
Quand la brise, apportant un parfum de fraîcheur,
Soulève les cheveux des belles matineuses,
Toi, tu sèmes dans l'air tes feuilles lumineuses
Qui colorent l'azur d'une exquise rougeur.
Comme un prince aux splendeurs vraiment orientales
Ou comme le plus grand des empereurs romains,
Divine fleur, tu fais tomber sur les chemins
Ta neige rose de pétales.
Il en tombe toujours ! Chacun peut à loisir
Absorber à longs traits la lumière sacrée :
La rose est toujours là, radieuse, empourprée,
D'où s'exhalent sans fin la vie et le plaisir.