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1876

VIII

Maurice BOUCHOR

Je mettrai sur ta bouche entr'ouverte et fleurie Plus de baisers qu'il n'est d'étoiles dans le ciel ; Je t'envelopperai d'un amour éternel Afin qu'à tout jamais ta beauté me sourie.

Devant tes pieds mignons — tout grâce et moquerie — Je m'agenouillerai ; car ton corps est l'autel Où ton âme apparaît en son lustre immortel, Chère, et tous mes regards te seront flatterie.

Sans cesse mes baisers réchaufferont tes mains, Et j'ensemencerai de roses les chemins Où tu devras passer — pour t'embaumer la vie. Et des musiciens invisibles seront

Toujours prêts à fêter ton oreille ravie, Si quelque léger pli se formait sur ton front.

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