Moi, par la neige et par la bise,
A tes pieds tremblant et joyeux ;
Toi, sur un banc de bois assise,
Me regardant avec tes yeux.
Oh ! tes deux yeux, tes deux étoiles !
Par les soirs dont je me souviens,
De tes longs cils perçant les voiles,
Tes regards tombaient sur les miens.
Et comme au vent tremble une paille,
Tout seuls, nous tremblions aussi ;
Je n'osais toucher votre taille,
Nous pâlissions d'aimer ainsi !
Et cependant le vent d'automne,
L'inconsolable vent des nuits,
Poursuivait le chant monotone
Qu'il n'a pas achevé depuis.