La nuit est froide, mais si belle
Que, si ta beauté m'est rebelle,.
Sur ta poitrine de satin
Où j'ai vu fleurir deux grenades
Je puis chanter des sérénades
Jusqu'au lever du bleu matin.
Je peux me morfondre, et redire
La grâce de ton doux sourire
Humide, velouté, vermeil, —
Si ta fenêtre reste close,
Et si ton joli museau rose
N'apparaît pas comme un soleil !
Et pourtant la bise me glace ;
Et si tu me gardais ma place
A tes genoux, auprès du feu,
Que j'aimerais la nuit entière
Voir rayonner sous ta paupière
Les mille étoiles du ciel bleu !
La nuit est belle, mais glacée…
Que je l'aurais bien mieux passée
Là-haut dans le boudoir bien clos !
S 'il pouvait de cette croisée
Tomber l'amoureuse rosée
Des baisers sous tes doigts éclos !
Ma peine, hélas ! est infinie.
J'ai, pour me tenir compagnie,
A chaque moustache un glaçon :
Oh ! que ma prière te touche,
Et je jure que sur ta bouche
Je te finirai la chanson !