C'est l'automne : buvons à la santé des morts.
Ou bien, s'ils sont heureux, s'ils dorment sous la terre
Un éternel sommeil dans l'ombre du mystère,
A la santé de nos amours, vivants ou morts !
Pour ces amours défunts faut-il que l'on s'émeuve ?
Il n'en reste pas plus que d'un verre de vin.
Or, frileuse, et songeant au renouveau divin,
La terre s'enveloppe en sa robe de veuve.
Buvons au temps fatal qui ne revient jamais,
Et qui dort, embaumé, froid comme une momie.
O toi qui me parlais d'amour, chère endormie !
Ne me réveille pas — laisse-moi boire en paix.