Un adorable ciel de mai,
Rose et frais ; le soleil va luire,
Et la terre à son bien-aimé
Envoie un salut parfumé :
Les oiseaux vont chanter, les roses vont sourire.
On sent frissonner sous les toits
Un rayon de lumière blonde ;
Au loin sangloter à mi-voix
La source amoureuse des bois,
Et circuler dans l'air la jeunesse du monde.
Roses, violets, orangés,
Flottant au vent qui les soulève,
De petits nuages légers
Plus que des oiseaux passagers
Traversent l'étendue et passent comme un rêve.
Et, dans leur vol vertigineux
Au travers de l'espace immense,
Les beaux nuages lumineux
Emportent jusqu'au fond des cieux
Mon cœur qu'ils ont grisé d'azur et de silence ;
Et qui fuit dans l'immensité
Parmi le satin et la moire,
Ébloui, presque épouvanté,
Sur des flocons roses porté
Et comme enveloppé -dans un brouillard de gloire.