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1876

MADRIGAL

Maurice BOUCHOR

Les royaumes des rois sont grands, Si grands qu'on peut s'y perdre à l'aise, Mais ils finissent n'en déplaise A la fureur des conquérants.

La mer est bien large sans doute Et bien profonde, mais on peut En trouver le fond, si l'on veut, Et même la mesurer toute ;

Là-haut, le grand ciel éclatant Vers qui l'œil ébloui s'élève Paraît immense ; mais le rêve En fait le tour en un instant.

Le rêve ! c'est que la pensée Est plus vaste que l'univers, Lorsque sur l'aile d'un beau vers Elle est éperdûment lancée.

Eh bien ! l'essor est limité Des plus aventureux génies ; Il n'est de choses infinies Que mon amour et ta beauté.

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