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1876

LE DUO DES AMOUREUX

Maurice BOUCHOR

Voici finir le doux-crépuscule, et les merles Dans les bois verts, là-bas, sifflent le bec au vent ; Les gouttes de rosée en tombant sont des perles Qui miroitent dans la lumière du levant.

Je me suis éveillée avec l'aube, et mon âme A, par trois fois, chanté vers toi son chant d'éveil ; On dirait que dans l'air embaumé, le cinname Ou l'encens flotte, et monte, et se dore au soleil.

C'est un léger brouillard qui voltige et tournoie, Mais l'éther pur va luire, éblouissant et bleu ; Et nous irons fêter ta jeunesse, et la joie Du vierge Amour, l'exquis et cruel petit dieu.

Et quand le doux midi sonnera, par volées Joyeusement dans l'air les cloches tinteront ; Nous aurons l'ombre épaisse et verte des allées, Et mon libre baiser chantera sur ton front.

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