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1876

IV

Maurice BOUCHOR

Oh ! sois bénie et sois encor bénie, ô toi Que j'aimais sans penser à rien et comme en rêve, Quand le sombre océan sanglotait sur la grève Sans jamais nous donner de visions d'effroi.

Nous ne comprenions pas, blottis sous notre toit, Les mots qu'il nous jetait lugubrement, sans trêve ; Car en ces jours perdus de jeunesse si brève Nous nous laissions. bercer dans les bras de la foi.

Et la mer n'était rien pour nous — la mer profonde — Qu'un gouffre inconscient roulant l'onde sur l'onde, Qui mourait sur le sable et renaissait sans fin. A présent, j'ai senti la navrante amertume

Du monstre glauque, plus terrible que la faim, Qui sur nos longs baisers jetait sa froide écume.

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