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1876

IV

Maurice BOUCHOR

Nos souvenirs, toutes ces choses Qu'à tous les vents nous effeuillons Comme des pétales de roses Ou des ailes de papillons,

Ont d'une joie évanouie Gardé tout le parfum secret, Et c'est une chose inouïe Comme le passé reparaît.

A de certains moments il semble Que le rêve dure toujours Et que l'on soit encore ensemble Comme au temps des défunts amours ;

Pendant qu'à demi l'on sommeille, Bercé par la vague chanson D'une voix qui charme l'oreille, Sur les lèvres voltige un nom.

Ivre d'une dernière ivresse, Perdu dans un rêve sans fin, L'on sent qu'une ombre vous caresse Et qu'une main vous prend la main ;

Et cette heure où l'on se rappelle Son cœur follement dépensé, Est comme un frissonnement d'aile Qui s'en vient du joyeux passé.

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