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1876

II

Maurice BOUCHOR

Mais sans toi, rien n'est doux. Une plainte étouffée Sort de la grande mer sinistre ; tout est noir ; Il ne reste plus rien dans l'air triste du soir De ces parfums ailés qui passaient par bouffée.

Certe, il faudrait ici ta baguette de fée Qui fait briller le ciel et qui le fait pleuvoir, Afin que, secouant son morne désespoir, La nature chantât comme à la voix d'Orphée.

Et les prés sont en deuil, sans grâce ni beauté ; Et moi, foulant sans fin le rivage attristé, Je rêve qu'aujourd'hui ma bien-aimée est morte. Que nos amours sont bien finis — et je me plains

A la mer, et mes yeux de larmes sont tout pleins, Et la mer me répond sans cesse : Que m'importe ?

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