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1876

II

Maurice BOUCHOR

Je m'étais enivré d'espace et de ciel bleu ; Tout ébloui, j'avais sur l'infini des ondes Fatigué mon esprit de courses vagabondes : Il me manquait encor la déesse du lieu.

Elle m'est apparue un jour, et j'ai fait vœu D'aller chercher coraux et perles, tout au monde, Pour embellir encor sa belle tête blonde — Parce qu'il m'a semblé la voir sourire un peu.

Dans mes nuits sans sommeil je ne vois plus rien qu'elle, Telle qu'elle a passé devant mes yeux, si belle Avec ses grands cheveux royalement tordus ; Blanche comme l'écume éclatante des vagues,

Et fixant sur mes yeux ses yeux charmants et vagues Qui reflètent la mer et le ciel confondus.

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