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1876

I

Maurice BOUCHOR

Tu reviendras un jour, et nous nous aimerons Encor, plus que jamais, du profond de nos âmes ! Là-haut se lèveront, belles comme des femmes, Les étoiles du ciel — et nous leur sourirons.

Les vents soufflent dans leurs mystérieux clairons, Et parfois on entend le bruit égal des rames Se mêler dans la nuit au tumulte des lames Qui se gonflent au vent ainsi que des seins ronds.

Tu reviendras ; perdus dans une extase douce, Sans nous inquiéter de la brise qui pousse Au rivage les flots et les bat sans merci, Nous irons nous asseoir sur les roches connues ;

Et nous laisserons fuir au grand galop les nues Qui n'emporteront pas notre amour loin d'ici !

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