Ah ! vivre comme toi, grand cœur désespéré,
Et mourir comme toi sur la terre étrangère ;
S'enfuir en Orient pour chercher la lumière,
Et chanter jusqu'au bout comme un cygne sacré.
Ayant tout épuisé, l'amour, le vin doré,
Toi, tu n'attendis pas le commandeur de pierre ;
Et tu sus te créer une ivresse dernière,
Trépassant en héros et de gloire entouré.
Oui, la mer te lassait de sa plainte éternelle,
Car ton âme, ô Byron, était plus grande qu'elle ;
Et, fatigué de tendre à l'Inconnu tes bras,
Tu voulus d'un seul bond te jeter dans l'abîme,
O poëte immortel, effrayant et sublime
Qui mourus pour un rêve et qui n'y croyais pas !