Skip to content
1832

Le Médaillon d’Iseult

Pétrus BOREL

Bronze charmant donnant d'amour la fièvre, Verte émeraude où luit une beauté, Un ange, Iseult, au regard attristé ; Oh ! laissez-moi vous presser sur ma lèvre,

Laissez-moi cette volupté ! Volupté chaste, et la seule où j'aspire ; Car de mon doigt je n'oserais toucher Si belle enfant, peur de l'effaroucher ;

Je la contemple, ivre de son empire, Comme un pèlerin un clocher. Tant sa beauté sur mon âme est puissante, Tant à son air mon cœur est épuré,

Tant pour ma bouche elle est vase sacré, Tant je révère une fleur languissante Qui penche à son matin doré. Jamais pistil n'eut plus belle corolle !

Livre ton âme a la sécurité ; Pour le tombeau laisse ta piété ; Console-toi, toi, dont l'aspect console, Assez longue est l'éternité.

Reste avec nous ! que ton exil s'achève Sombre, mais pur, ange au ciel attendu ! Va, dans la foule, un ami t'est rendu, Il te comprend, raconte-lui ton rêve ;

Qu'il guide ton pas éperdu. Plus avec toi de solitude fade, Portrait divin ! car un portrait aimé, C'est une amie au langage embaumé,

C'est pour mon cœur suave sérénade Que berce un vent tout parfumé. Qui t'a parfait ? bijou, bronze fragile, Et ce bonheur, qui me l'a fait ?… — c'est Jehan !

Ce bon ami, dont l'ébauchoir agile Sait éveiller Abélard du l'argile, Hugo, Calvin, Esmeralda, Roland, En dépit d'Homère et Virgile.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
Le Médaillon d’Iseult · Pétrus BOREL · Poetry Cove