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1654

Sonnet sur la mort d'une de mes parentes

Nicolas BOILEAU-DESPRÉAUX

Parmi les doux transports d'une amitié fidèle, Je voyais près d'Iris couler mes heureux jours : Iris, que j'aime encore, et que j'aimai toujours, Brûlait des mêmes feux dont je brûlais pour elle ;

Quand, par l'ordre du ciel, une fièvre cruelle M'enleva cet objet de mes tendres amours ; Et, de tous mes plaisirs interrompant le cours, Me laissa de regrets une suite éternelle.

Ah ! qu'un si rude coup étonna mes esprits ! Que je versai de pleurs ! que je poussai de cris ! De combien de douleurs ma douleur fut suivie ! Iris, tu fus alors moins à plaindre que moi ;

Et, bien qu'un triste sort t'ait fait perdre la vie, Hélas ! en te perdant j'ai perdu plus que toi.

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