Quoi ! ce peuple aveugle en son crime,
Qui prenant son roi pour victime,
Fit du trône un théâtre affreux,
Pense-t-il que le ciel, complice
D'un si funeste sacrifice,
N'a pour lui ni foudres ni feux ?
Déjà, sa flotte en pleines voiles,
Malgré les vents et les étoiles,
Veut maîtriser tout l'univers,
Et croit que l'Europe étonnée,
A son audace forcenée
Va céder l'empire des mers.
Arme-toi, France ; prends la foudre ;
C'est à toi de réduire en poudre
Ces sanglants ennemis des lois ;
Suis la victoire qui t'appelle,
Et va, sur ce peuple rebelle,
Venger la querelle des rois.
Jadis, on vit ces parricides,
Aidés de nos soldats perfides,
Chez nous, au comble de l'orgueil,
Briser tes plus fortes murailles,
Et par le gain de vingt batailles
Mettre tous tes peuples en deuil.
Mais, bientôt, le ciel en colère,
Par la main d'une humble bergère
Renversant tous leurs bataillons,
Borna leurs succès et nos peines ;
Et leurs corps, pourris dans nos plaines,
N'ont fait qu'engraisser nos sillons.