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1697

Sur la Tontine.

Isaac BENSERADE

ENFIN je ne me plaindrai plus, De l’étoile qui me domine, Il me reste encor cent écus Que je vais mettre à la Tontine.

Ô la charmante invention ; Sans avoir du dieu Mars essuyé les orages, Sans avoir fatigué la cour de mes hommages, Je serai sur l’Estat et j’aurai pension…

Voici par où j’espère, et par où j’argumente : Si je vis, je suis riche, ou si bientôt je meurs, La pauvreté ni ses horreurs Ne me causent point d’épouvante.

Or ma planète bienfaisante Promet à ma vie un long cours ; Ergo, j’aurai sur mes vieux jours Quinze ou vingt mille écus de rente.

Quels plaisirs, quels honneurs, quelle prospérité Est destinée à ma vieillesse ! Mais parmi tant de biens je mourrai de tristesse, Si mon Roy n’est témoin de ma félicité.

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