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Pour les Filles de la Reine.

Isaac BENSERADE

LA Porte a pour son partage De l’esprit, de la beauté, Avec un peu de fierté ; Elle est modeste, elle est sage ;

Tout fléchit dessous ses loix : Si mon cœur étoit volage, Je croy que je l’aimerois. Foulloux, sans songer à plaire,

Plaist pourtant infiniment Par un air libre et charmant ; C’est un dessein téméraire Que d’attaquer sa rigueur :

Si j’eusse esté sans affaire. Je croy qu’elle auroit mon cœur. Vostre douceur est extrême, Boneüil, il faut avoüer

Qu’on ne la peut trop loüer ; Vostre mérite est de même : Et l’on doit être assuré Que, sans une autre que j’aime,

Pour vous j’aurois soupiré. Neuillan, qui peut se défendre De languir pour vos appas ? Mais qui peut n’en mourir pas ?

Tous les cœurs s’y viennent rendre Et s’y veulent engager ; Mais un autre m’a sçû prendre, Et je ne sçaurois changer.

Toute la cour est éprise De ces attraits précieux, Dont vous enchantez nos yeux, Maneville ; ma franchise

S’y devroit bien engager : Mais mon cœur est place prise, Et vous n’y sçauriez loger. Enfin mon cœur ne peut faire

Telles infidélitez En faveur de vos beautez : L’objet seul qui m’a sçû plaire, Est un objet de renom,

Que j’avois dessein de taire ; Mais le moyen ? c’est Gourdon.

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