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1697

L’Amour.

Isaac BENSERADE

LA Mère des amours, Tenant ses grands jours Dans son siége d’yvoire, Prononce à sa gloire :

À l’Amour on résiste en vain : Qui n’aima jamais, aimera demain. Que nos cœurs soient contens, À ce gay printemps ;

Et que le plus sévère Me suive et révère : À l’Amour on résiste en vain : Qui n’aima jamais, aimera demain.

Chaque chose icy-bas Ressent mes appas ; Et si la Terre elle-même Rit au Ciel qu’elle aime,

À l’Amour on résiste en vain : Qui n’aima jamais, aimera demain. Le Ciel, pour la voir mieux, Ouvre tous ses yeux ;

Et, la trouvant si belle. Brûle aussi pour elle. À l’Amour on résiste en vain : Qui n’aima jamais, aimera demain.

À cet exemple heureux, Doit être amoureux Tout ce qu’en soy resserre Le Ciel et la Terre,

À l’Amour on résiste en vain : Qui n’aima jamais, aimera demain.

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