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1697

Épitaphe d’un Médecin.

Isaac BENSERADE

Cy gist, par qui gisent les autres, Un Médecin des plus sçavans En l’Art si funeste aux Vivans ; Disons pour luy des Patenôtres :

S’il en a de tant d’Héritiers Qu’il fit, ou seulement du tiers, Il n’aura que faire des nôtres ; Tels gens en disent volontiers.

À tout âge, à tout sexe, il déclara la guerre, À force de saignée et d’infecte boisson. Quelle foule de Morts il a trouvé sous terre, N’y dût-il rencontrer que ceux de sa façon ?

La santé fuyoit comme un Lièvre, Et devant luy doubloit le pas ; Ce n’étoit que par le trépas Qu’il venoit à bout de la Fièvre.

Plus ennemi du Quinquina Que d’Auguste ne fut Cinna. Vray Basilic, qui tuoit d’une œillade, Des plus beaux jours il trancha le filet ;

Et n’auroit pas épargné son Mulet, Si son Mulet avoit été malade, Ou qu’il n’eût pas luy-même été pris au colet.

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