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1885

Violées et Inviolables

Henri BEAUCLAIR

Doux pays où l'on sait la valeur du billon, O Toi qui te nommas : la pudique Albion, Angleterre, chaste Angleterre, Qui l'eût cru ? Du palais jusques à l'atelier,

Chacun de tes toits cèle une «maison Tellier ?» Cette nouvelle étrangle, atterre ! O Shocking ! qui l'a dit ? qui donc a révélé Tes dessous ? Nous croyions, naïfs, au rêve ailé

De la miss à longues chaussures ! De même à la candeur du Gentleman rider Et nous ne pensions pas suspecte sa raideur ; A-t-on bien dit des choses sûres ?

Le doute, hélas ! n'est pas possible, le Pall-Mall Gazette nous apprend que l'on a mis à mal Des très mineures innombrables ! «C'est du joli, dirait Gavroche ! Zut alors !

«Et ta sœur ?» Et sa sœur fait le bonheur des lords Et d'un groupe d'inviolables ! O pays des John Brown, des royaux Philémons, Salut ! Et nous qui, loin d'en faire fi, l'aimons

L'impérissable bagatelle, Nous sommes enfoncés, nous le reconnaissons L'Anglais, toujours boxeur, s'est écrié : boxons ! Il n'a pas dit : «Quelle âge a-t-elle ?»

Non ! la vierge est à tous ! les vieux, les laids, les beaux, O veinards ! vous avez dans votre île : Lesbos Sodome, Gomorrhe et Cythère ! Pleure ! Pleure ! ô Paris ! la pudique Albion

T'enlève la couronne et te dame le pion ! Hip ! hip ! hourrah pour l'Angleterre !

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