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1884

Toujours

Henri BEAUCLAIR

Hier, je t’avais dans mes bras, Fatiguée, et presque endormie. Tous deux enfouis sous les draps, Hier, je t’avais dans mes bras.

Toujours, toujours, tu m’aimeras, M’as tu dit, ma petite amie. Hier, je t’avais dans mes bras, Fatiguée et presque endormie.

Toujours, toujours, ô mot joyeux Comme un carillon de baptême, Frappe mon oreille et mes yeux, Toujours, toujours, ô mot joyeux !

Lise, ce mot délicieux, Redis le toujours à qui t’aime. Toujours, toujours, ô mot joyeux Comme un carillon de baptême.

Quel est ce besoin d’infini Que nous avons au fond de l’âme ? Toujours, toujours. O mot béni ! Quel est ce besoin d’infini ?

Mot charmeur, ni le bonheur, ni L’amour ne vivent sans sa flamme. Quel est ce besoin d’infini Que nous avons au fond de l’âme ?

Oui, nous nous aimerons toujours. Tu l’as bien dit, ô ma très chère. Sans compter les nuits, ni les jours, Oui, nous nous aimerons toujours.

A d’autres les caprices courts, Et l’affection passagère. Oui, nous nous aimerons toujours, Tu l’as bien dit, ô ma très chère.

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