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1885

Lesbina

Henri BEAUCLAIR

N'ai-je pas pour toi, ma charmante, Dis-le moi, fait encore assez ? O ma délicieuse amante, Toujours quelque ennui te tourmente

Quand tes yeux sont ainsi baissés. Oh ! regarde-moi, bien en face, Et réponds-moi très franchement, Dis-moi, que veux-tu que je fasse ?

— Es-tu jalouse ? Que je chasse Dès ce soir, mon dernier amant ? Ah ! tu souris et ta main presse Plus doucement encor ma main.

Commande, belle enchanteresse. Puisque tu le veux, ma maîtresse, Il ne reviendra plus, demain. Je suis toute à toi, que m'importe,

Lorsque je baise ton front blanc, Que cet homme soit à ma porte, Et qu'il m'adore, et qu'il m'apporte Son cœur à broyer, en tremblant !

Perle ! Diamant ! O fleur pure ! Jure que tes seins adorés Et tes lèvres, grenade mûre, Ne subiront pas la souillure

Vile des mâles abhorrés ! Laisse-moi dénouer tes tresses Et dégrafer tes vêtements, Pour les extatiques ivresses.

Il nous faut de douces caresses Et de tendres enlacements !

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