Vénus ! qui me rendra ma grande renommée, Ma chevelure d'or et ma taille d'almée ? Mon hôtel et ma chambre éblouissante à voir, Où, la nuit, s'allumaient des feux au fond de l'ombre,
Où, de ducs et de rois vint défiler un nombre Que moi-même ne puis savoir ? Qui me rendra mes grooms aux splendides livrées ? Et mes laquais, couverts de pelisses fourrées,
Mes cochers, galonnés comme des généraux ? Mes marmitons, sortis des fameuses cuisines, Dont les bisques et les salmis de bécassines Relevaient le courage abattu des héros ?
Tous ces vaillants, à l'œil de flamme, à l'âme forte, Qui, chacun à son tour, avaient franchi ma porte, Quoi ? je ne verrai plus en persillant au Bois Leurs troupes, par le temps, hélas ! diminuées,
Derrière mon landau s'ébattre par nuées, A l'épatement des bourgeois ! Les voilà tous partis, leurs cœurs brûlent pour d'autres. Tous, pendant quarante ans, firent les bons apôtres,
Achetant par de l'or le droit de m'approcher ! Tous partis ! Les bijoux ont pris la même route, Ma beauté, mes appas ! Hélas ! quelle déroute ! Vénus ! je n'ai plus même un lit où me coucher !
Vénus ! qui me rendra ma grande renommée ? Ma chevelure d'or est blanche et clairsemée ; Je n'ai plus de logis et suis sur le pavé ! Quoi ? soupirants, amants, des quatre coins du monde.
Leurs présents, leurs amours, ô misère profonde ! C'est comme si j'avais rêvé ! Ainsi parlait Cora le soir de sa défaite. Elle n'était vraiment pas du tout à la fête,
Pearl et des pleurs perlaient dans ses yeux meurtriers. ( ? ?) Rêveuse, elle songeait au retour de Cythère. Près d'elle, son bidet du pied frappait la terre, Un bidet maigre et nu, dépourvu d'étriers !
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