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1884

Billet doux

Henri BEAUCLAIR

Blondine, j’ai perdu mon cœur, En vous reconduisant, Dimanche. Connaissez-vous pas l’escroqueur ? Blondine, j’ai perdu mon cœur.

Je vous vois d’ici, l’air moqueur, Me dire : Il n’est pas dans ma manche. Blondine, j’ai perdu mon cœur, En vous reconduisant, Dimanche.

Serait-il pas entré chez vous ? Très fortement je l’en soupçonne. Il a parfois des pensers fous ; Serait-il pas entré chez vous ?

Ne vous mettez pas en courroux Je n’accuse encore personne. Serait-il pas entré chez vous ? Très fortement je l’en soupçonne.

Il est comme les papillons Qui vont toujours vers les lumières, Quitte à brûler tous leurs paillons. Il est comme les papillons ;

Or, il a dû voir les rayons Qui s’échappent de vos paupières. Il est comme les papillons Qui vont toujours vers les lumières.

A-t-il eu tort ou bien raison De risquer un tel coup d’audace ? Dites le moi, Lise, Lison, A-t-il eu tort ou bien raison.

Gardez le dans votre maison, Baste ! il tiendra si peu de place. A-t-il eu tort ou bien raison De risquer un tel coup d’audace ?

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