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1869

SUR LES DÉBUTS D’AMINA BOSCHETTI

Charles Baudelaire

Amina bondit, — fuit, — puis voltige et sourit ; Le Welche dit : « Tout ça, pour moi, c’est du prâcrit ; Je ne connais, en fait de nymphes bocagères, Que celles de Montagne-aux-Herbes-Potagères. »

Du bout de son pied fin et de son œil qui rit, Amina verse à flots le délire et l’esprit ; Le Welche dit : « Fuyez, délices mensongères ! Mon épouse n’a pas ces allures légères. »

Vous ignorez, sylphide au jarret triomphant, Qui voulez enseigner la walse à l’éléphant, Au hibou la gaîté, le rire à la cigogne, Que sur la grâce en feu le Welche dit : « Haro ! »

Et que le doux Bacchus lui versant du bourgogne, Le monstre répondrait : « J’aime mieux le faro ! »

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