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1861

Sonnet d’automne

Charles Baudelaire

Ils me disent, tes yeux, clairs comme le cristal : « Pour toi, bizarre amant, quel est donc mon mérite ? » — Sois charmante et tais-toi ! Mon cœur, que tout irrite, Excepté la candeur de l’antique animal,

Ne veut pas te montrer son secret infernal, Berceuse dont la main aux longs sommeils m’invite ! Ni sa noire légende avec la flamme écrite. Je hais la passion et l’esprit me fait mal !

Aimons-nous doucement. L’Amour dans sa guérite, Ténébreux, embusqué, bande son arc fatal. Je connais les engins de son vieil arsenal : Crime, horreur et folie ! — Ô pâle marguerite !

Comme moi n’es-tu pas un soleil automnal, Ô ma si blanche, ô ma si froide Marguerite ?

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