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1861

Le Coucher du soleil romantique

Charles Baudelaire

Que le soleil est beau quand tout frais il se lève, Comme une explosion nous lançant son bonjour ! — Bienheureux celui-là qui peut avec amour Saluer son coucher plus glorieux qu’un rêve !

Je me souviens !… J’ai vu tout, fleur, source, sillon, Se pâmer sous son œil comme un cœur qui palpite… — Courons vers l’horizon, il est tard, courons vite, Pour attraper au moins un oblique rayon !

Mais je poursuis en vain le Dieu qui se retire ; L’irrésistible Nuit établit son empire, Noire, humide, funeste et pleine de frissons ; Une odeur de tombeau dans les ténèbres nage,

Et mon pied peureux froisse, au bord du marécage, Des crapauds imprévus et de froids limaçons.

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