Skip to content
1895

VOUS

Henri BARBUSSE

Le couchant baigne d'un nuage Les vaisseaux au pied de la tour… Le soleil dore le retour Pour le dernier et grand mirage !

Le soleil bas, le soleil d'or, Parmi les galères ancrées, Fait des ombres démesurées Aux vieux portiques du vieux port.

Dans votre chambre qui sommeille Le soleil verse à son déclin Des palais et des quais sans fin Par qui l'océan s'émerveille…

Et quand l'heure viendra calmer Le couchant d'or dans l'étendue, Soyez calme, grise et perdue Parmi quelque splendeur d'aimer !…

Rêvez tous les rêves du monde Et les marins du vaisseau nu, Et tout le bonheur contenu, Qu'ils apportent de l'autre monde…

Laissez pencher et s'effacer Votre sainte et paisible tête, Quand l'ombre vient et qu'on s'arrête Dans la fatigue de penser.

On prend en pitié tous les rires, Toute la joie et tout l'adieu, À l'heure où l'on est un vrai dieu, Où l'on ne voit que des martyres.

Je me sens plus abandonné Près de vous que près d'aucune autre ; Que ma lèvre pleure à la vôtre L'amour que vous m'avez donné,

À l'heure où la nuit vous caresse Pâle et confuse, sur le fond ; Lorsque votre beauté se fond, Et que vous devenez caresse…

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
VOUS · Henri BARBUSSE · Poetry Cove