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1895

UN PEU D'AUBE

Henri BARBUSSE

Voici le long sommeil blêmir… Ton geste vaguement implore La bonté trouble de l'aurore Et l'innocence de dormir…

Ton âme est encore noyée Dans la tiède douceur d'hier, Tu sens faiblement que la chair Ouvre ses ailes repliées…

Dans la réalité du jour, Très vaillante, tu t'es dressée, Les yeux pleurants, martyrisée, Comme une étoile dans le jour.

L'aube de promesse et de crainte Est en argent sur l'oreiller, Elle voudrait t'émerveiller Et consoler la lampe éteinte.

Puis levée, et les doigts amis Comme le froid est plein de haine, Tu recouvres du drap de laine La douce place où tu dormis…

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